SCLÉROSE EN PLAQUES

SCLÉROSE EN PLAQUES : ET SI TOUT COMMENÇAIT DANS LES INTESTINS ?

Deux nouvelles études sur l’animal montrent que la flore intestinale pourrait, à elle seule, déclencher la maladie. Car certaines de ses bactéries activent des mécanismes immunitaires impliqués dans la pathologie.

La sclérose en plaques se nicherait-elle dans les intestins ? Alors que de précédents travaux menés chez la souris ont montré que la présence d’une flore intestinale était nécessaire pour développer une sclérose en plaques, deux nouvelles études parues coup sur coup, l’une à consulter ici, et l’autre ici, vont plus loin. Elles montrent, toujours chez l’animal, que la flore intestinale pourrait, à elle seule, déclencher la maladie, car certaines des bactéries qui s’y trouvent activent des mécanismes immunitaires impliqués dans cette pathologie. Encore faudra-t-il le démontrer chez l’homme.

Pour mémoire, la sclérose en plaques est une maladie neurodégénérative auto-immune: l’organisme se met à produire des anticorps contre ses propres cellules, détruisant la couche de myéline qui entoure les neurones. Des facteurs génétiques et environnementaux (tabagisme, infections) ont été incriminés, mais il ne fait plus de doute que la présence de certains micro organismes hébergés dans le système digestif de l’hôte concourent à l’apparition de la maladie.

Restaurer l’équilibre du microbiote intestinal pourrait soigner la maladie

Ainsi, le fait de transférer la flore intestinale de sujets malades chez des souris prédisposées à cette maladie, entraîne l’apparition des symptômes chez plus de 60 % des animaux, contre seulement 30 % de cas en situation normale. Dans cette flore « malade » les chercheurs ont constaté la présence excessive de plusieurs bactéries (ci -dessus Acinetobacter) qui favorisent, in vitro et in vivo, la production de cellules inflammatoires (les lymphocytes Th1), ou encore la perte de cellules régulatrices de l’immunité (Treg). Or, elles sont toutes impliquées dans la maladie.

Certaines des bactéries produisent même des peptides dont la structure est proche de composants de la myéline, et induiraient donc la production d’auto-anticorps contre cette dernière. A tel point que pour les scientifiques qui ont mené les études, restaurer l’équilibre du microbiote intestinal pourrait, à terme, devenir une stratégie thérapeutique chez les malades.

Malmener son horloge biologique peut nuire à la santé

NOBEL 2017 – Notre « horloge interne » coordonne de nombreux mécanismes biologiques. Ses dérèglements peuvent favoriser obésité, cancers et d’autres problèmes de santé.

Par la rédaction d’Allodocteurs.fr, avec AFP Rédigé le

Malmener son horloge biologique peut nuire à la santé
Malmener son horloge biologique peut nuire à la santé

Nous avons tous en nous une « horloge », qui synchronise nos cycles d’éveil et de sommeil, notre appétit, le niveau de production de certaines hormones, ou notre température corporelle. Cette horloge n’est constituée ni d’engrenages, ni de ressorts : comme l’ont démontré les lauréats du prix Nobel de physiologie 2017, le phénomène est lié à la production, l’accumulation et la dégradation de certaines protéines dans nos cellules.

Le corps humain ne s’adapte jamais tout à fait à des horaires décalés par rapport au rythme naturel, gouverné par la lumière du jour. « Il n’existe aucun médicament dans le monde qui permette de synchroniser l’horloge, de l’avancer ou de la retarder », commente Claude Gronfier, neurobiologiste à l’Inserm.

Mais nos modes de vie malmènent un peu ces rythmes biologiques. Et cela n’est pas sans conséquences.

A lire aussi : Prix Nobel de medecine 2017 : quatre questions aux spécialistes

Divers mécanismes en jeu

« Le rythme cardiaque augmente, la pression artérielle et le niveau d’insuline augmentent » à une heure inhabituelle, et « votre corps n’est pas prêt pour ça », résume pour l’AFP Hugh Piggins, professeur de neurosciences à l’université de Manchester.

Par ailleurs, lorsqu’on se force à rester éveillé, la production de cortisol est maintenue à un niveau élevé, alors qu’elle décroit normalement à l’arrivée de la nuit. Ce mécanisme, qui permet de maintenir notre état de vigilance, est soupçonné d’avoir effets délétères sur notre système immunitaire. À long terme, il pourrait favoriser l’apparition de certaines maladies, ou le développement de pathologies préexistantes.

Même à court terme, des perturbations des cycles éveil/sommeil comme celles provoquées par le décalage horaire peuvent être néfastes. Si un voyage vous amène à décaler brutalement de plusieurs heures vos horaires de repas et de coucher, vos interactions sociales seront plus difficiles, de même que votre capacité à tenir des raisonnements complexes ou à mémoriser des informations. Dans cet état, les gens peuvent faire « des choses exagérément impulsives, comme griller un feu rouge, et ne pas mesurer les conséquences de leurs actions », explique à l’AFP Russell Foster, professeur spécialiste des rythmes circadiens à l’université d’Oxford.

De nombreuses pathologies potentiellement concernées

Cancer – Diverses études sur les travailleurs de nuit, ou en travail posté (infirmières, ouvriers aux 3×8…) ont déjà identifié des liens avec le risque d’obésité et de cancer. Pour cette raison, en 2007, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé les modifications du rythme circadien, tel le travail de nuit, comme « probablement cancérigènes ».

Surpoids et obésité – Si nos horaires de prise de repas sont décalés vers des heures où notre métabolisme tourne au ralenti – et où les calories seront plus susceptibles d’être transformées en graisse que brûlées – il peut y avoir des conséquences sur notre prise de poids.

Des liens ont aussi été identifiés entre les perturbations de l’horloge interne et la dépression, les troubles bipolaires et cognitifs, la mémoire et même certaines maladies neurologiques.

Enfin, les scientifiques étudient également comment l’heure où l’on administre un médicament peut influer sur son efficacité et ses effets secondaires. « Nous arrivons à l’étape passionnante où nous pouvons commencer à utiliser cette connaissance (de l’horloge biologique, NDLR) pour comprendre ce qui se passe quand ces systèmes fonctionnent mal et, plus important encore, pour développer de nouvelles pistes thérapeutiques », conclut le Pr Foster.

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