Dans son « Dictionnaire amoureux de l’enfance et de l’adolescence », le pédopsychiatre n’élude aucune question sur cette période et les traces qu’elle laisse, PAR ANNE JEANBLANC Modifié le 17/11/2017 à 14:26 – Publié le 17/11/2017 à 13:54 | Le Point.fr

« Notre époque se distingue de toutes celles qui l’ont précédée par le mouvement qui la porte à intégrer, dans ce qui donne de la valeur à la condition humaine, des dimensions de l’existence jusque-là négligées, méprisées ou réprimées », note en introduction de son dernier livre* le Pr Marcel Rufo. Et le célèbre pédopsychiatre d’énumérer : non seulement notre part d’enfance mais aussi la sexualité, les dispositions féminines chez l’homme ou masculines chez la femme, notre animalité, nos grains de folie… Autant d’entrées possibles dans son Dictionnaire amoureux de l’enfance et de l’adolescence. Mais il y en a bien d’autres. Exemples.

  • Adolescence

C’est, selon lui, un moment fabuleusement intense et dramatique de la vie, caractérisé par une volonté indomptable de découvrir ce que l’on est, de réinventer le monde malgré un terrible doute de soi et une ignorance de « la portée de ses forces et du poids de ses faiblesses ». Marcel Rufo explique aussi le « complexe du homard », au moment de l’apparition des poils, des règles et des premières éjaculations et évoque, avec bonheur, la « sortie de crise ».

  • Anorexie

Il la décrit comme le plus grand combat de sa carrière. « Cette terrible maladie, cet envahissement, cette méprise absolue, cette tyrannie de son corps est curable », écrit-il. « La disparition de l’image du corps peut être vaincue. » Il insiste sur la nécessité de l’hospitalisation, « ce coup de pied au fond de l’eau lorsqu’on se noie », associée à la sophrologie, aux soins culturels, aux conseils diététiques, aux pesées et à l’alliance des parents. Avec un leitmotiv : « Tu guériras. »

  • Grondez-les

« Je m’autorise une supplique : grondez-les, grondez-les, cela les fera grandir. » Pour justifier ce propos, Marcel Rufo évoque une histoire de son enfance, quand il a mis le feu à la cuisine de sa grand-mère en approchant trop un torchon du poêle. Grondé, il n’a plus eu le droit de l’aider à porter le charbon, ce dont il n’était plus jugé digne. Ultérieurement, la levée de cette interdiction « m’a fait doublement m’excuser et m’a permis de comprendre mon inconséquence passée ». Selon lui, il est difficile d’être en relation permanente avec des parents qui expliquent et ne frustrent jamais.

  • Jeter par terre

À un moment de leur développement, vers 18-20 mois, les enfants jettent systématiquement tous les objets qu’on leur présente. C’est un grand progrès, car il marque ainsi qu’il s’éprouve « comme un sujet autonome, présent et résistant dans le monde ». Cette attitude disparaît au bout de quelques mois. « En somme, jeter c’est faire des progrès. »

  • Pornographie

« La pornographie est une dimension normale de la sexualité, du moins quand elle n’interdit pas de vraies relations sexuelles. Mais l’irruption, via Internet, d’actes sexuels offerts à la vue de tous et, notamment des plus vulnérables, des enfants, est un véritable viol par l’image. A fortiori quand sont mises en scène des pratiques particulièrement choquantes pour eux, violentes ou perverses. » Pour Marcel Rufo, cette pornographie est un échec sur la sexualité, car elle est sans possibilité de partage. Les enfants pris dans ses filets doivent, selon lui, être encouragés à consulter un pédopsychiatre.

 

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